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Apr 11 2018

Arrivée l’été dernier à Achenheim/Truchtersheim, Émilie Pfaadt, depuis son poste d’arrière gauche, participe pleinement à la belle saison de son équipe. Avec exigence et détermination.

Douze ans plus tard, Émilie Pfaadt a retrouvé le maillot de l’ATH. PHOTO DNA – Ch.A.

Douze ans plus tard, Émilie Pfaadt a retrouvé le maillot de l’ATH. PHOTO DNA – Ch.A.

L’histoire est déjà belle. En septembre 2005, Émilie Pfaadt faisait ses premiers pas en Nationale 1 avec, sur le dos, le nouveau maillot noir de la toute jeune entente entre le FSE Achenheim et le Truchtersheim HCL.


« Je fêtais mes 16 ans en septembre de cette année-là, se souvient-elle avec bonne humeur. Je faisais partie des moins de 18 ans, je ne m’attendais pas à jouer en N1, plutôt en N3. Il y avait eu des matches difficiles, mais je ne pensais pas m’en sortir aussi bien. »

« J’avais besoin de voir autre chose »

Si elle avait découvert le handball à Haguenau, puis à Betschdorf, c’est cette saison-là qui a marqué le début de son ascension, celle qui va lui permettre de s’ouvrir les portes du centre de formation de Metz avant de filer à La Rochelle et de revenir en Alsace, à l’ASPTT Strasbourg.

En septembre 2017, à 28 ans, elle a bouclé un premier cheminement, revenant à l’ATH, là où beaucoup de choses avaient commencé.

« Je me suis assagie depuis. Je suis toujours une battante sur le terrain, mais malheureusement je fais maintenant partie des anciennes, de celles qui essaient de calmer les autres. J’ai gagné en maturité. Je travaille aussi et c’est une tout autre gestion. Il faut penser à récupérer, à se soigner pour parvenir à enchaîner les entraînements, les matches. Je sens que je n’ai plus 16 ans… »

Samedi soir, ce sera l’occasion d’un autre clin d’œil du destin puisqu’elle va recroiser pour la seconde fois l’ASPTT Strasbourg, un club où elle vient de passer six saisons.

« J’avais besoin de voir autre chose, d’un dernier challenge. Je suis toujours très exigeante avec moi-même et envers les autres. La structure de l’ATH tend vers le professionnalisme, c’est quelque chose qui me correspond. »

En quelques mois, Émilie Pfaadt a retrouvé ses marques dans le Kochersberg, « j’ai l’impression d’être revenue depuis des années », savourant un environnement chaleureux et ambitieux.

« Le club est toujours aussi familial. Je suis impressionnée par le nombre de bénévoles présents chaque week-end. Tout est super bien organisé autour de nous, grâce à leur implication. Avant, je voyais Denise Metzger jouer, maintenant, elle est là pour nous aider. Je faisais partie de la même équipe que Sophie Marangé, désormais, elle entraîne la réserve. Cela montre aussi un certain attachement à ce club. »

« Un bon groupe, mature, avec de forts caractères »

Et, sur le terrain, tout s’est aussi fait dans une certaine continuité ou, du moins, les affinités ont vite été créées.

« L’intégration s’est parfaitement réalisée. Nous sommes un bon groupe, mature, avec de forts caractères. Quand ça ne va pas, on se dit les choses entre adultes. Nous ne sommes pas non plus tout le temps dans la facilité, mais nous avons cette force qui nous permet de gagner des matches compliqués. Et c’est génial de venir à l’entraînement en ressentant que l’on a toutes le même objectif. Nous savons, chacune, pourquoi nous devons nous impliquer autant. »

Leader de sa poule de Nationale 1, l’ATH est sur une très bonne voie pour retrouver la Division 2 à l’issue de cette saison.

« On espère vraiment conserver cette première place. De gros matches nous attendent encore. Il faudra répondre présent, tout simplement. »

« On vit tellement d’émotions chaque week-end »

Et si l’issue est heureuse d’ici quelques semaines, Émilie Pfaadt aura l’occasion de boucler un autre cycle. Et l’histoire serait plus belle encore.

Elle qui avait cherché très loin ce niveau de jeu, à La Rochelle, dans la première phase de sa carrière, va peut-être le retrouver chez elle, à la maison. Là où elle peut puiser de la force dans les regards bienveillants de « mes supporters numéro 1 », ses parents, Françoise et Charles, ses sœurs, Lætitia et Élodie, son compagnon, Damien.

« À La Rochelle, je m’étais blessée une partie de cette saison-là, se souvient-elle. C’était ma première expérience toute seule, vraiment loin de chez moi. Maintenant, je fais plus attention à mon hygiène de vie et je pense que je l’aborderais différemment. Je suis proche du moment où je vais m’arrêter et je suis contente de pouvoir peut-être le faire sur une ou deux saisons en D2. Ce serait une belle façon de finir, chez moi, devant ma famille. »

Mais en attendant cet instant, il y a encore tant de belles choses à vivre. Qui justifient à elles seules les efforts accomplis dans l’ombre, chaque soir d’entraînement besogneux.

« Je suis contente d’être repassée par l’ATH. Ça fait plaisir de pouvoir jouer devant autant de monde, de se sentir soutenue. Les enfants du club nous regardent parfois comme si on était des stars, rigole-t-elle. On vit tellement d’émotions chaque week-end. »

Émilie Pfaadt poursuit sa singulière trajectoire, faite de boucles qui s’ouvrent et se referment, suivant parfois la parabole de sa suspension franche et puissante. Histoire de joliment recomposer le passé pour se construire un passionnant présent et s’imaginer un ascensionnel avenir.

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