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Mai 08 2019

Avec la richesse de sa double culture, alsacienne et sénégalaise, Awa Diop promène son tempérament attachant et travailleur pour le plus grand bonheur de son club d’Achenheim/Truchtersheim.

Awa Diop s’épanouit sur tous les terrains, son maillot 67 toujours à sa portée.  Photo L’Alsace – Jean-Marc LOOS
Awa Diop s’épanouit sur tous les terrains, son maillot 67 toujours à sa portée. Photo L’Alsace – Jean-Marc LOOS

Alors qu’elle jouait à Brest depuis quelques saisons déjà, Awa Diop avait pris une décision. Une décision symbolique, mais finalement très importante. Celle de porter dans son dos de handballeuse le numéro 67, celui de son département.

« Cela me tient à cœur, souffle-t-elle très joliment. J’ai traversé toute la France et maintenant toute l’Afrique avec lui. Je suis née ici, j’ai grandi ici, ma famille et mes amis sont ici. C’est important pour moi de l’emmener partout où je vais. C’est comme une petite dédicace pour ma chère Alsace que j’aime tant. »

« C’est le cœur, mes racines, mes parents, ma famille »  

Awa Diop, ailière gauche bondissante et technique, est une personne multiple. « Je suis de plusieurs origines, Alsacienne, Bas-Rhinoise, Strasbourgeoise et bien sûr Sénégalaise. »

Le pays de ses parents, Khady et Habib, arrivés en France dans les années 80, lui permet de vivre une très belle histoire avec la sélection sénégalaise dont elle arbore le maillot vert depuis 2015.

« Pour moi, cela représente une fierté incommensurable que je ne peux même pas décrire. C’est le cœur, mes racines, mes parents, ma famille. À chaque match, en chantant l’hymne, on a presque les larmes aux yeux avec l’envie de se donner à 600 %. »

En décembre dernier lors de la CAN, sa sélection menée par Frédéric Bougeant – « Un très grand entraîneur qui ne laisse rien au hasard » – a terminé vice-championne d’Afrique. Awa Diop en a été élue meilleure ailière gauche.

« Cela restera le plus beau souvenir de ma vie. C’était quelque chose de magique. »

L’émotion du moment avait été décuplée par un événement tragique, le décès de son grand frère Ahmet quelques mois plus tôt.

« Pendant la préparation, pendant la compétition, je suis restée concentrée. Mais au coup de sifflet final, toute la pression est redescendue. C’est comme si j’avais enfin pu faire mon deuil. Tout ça, c’était pour lui.  »

Le sport, la dépense physique, la quête du résultat ont servi de baume apaisant, comme les quinze jours passés ensuite au Sénégal avec ses parents. Comme pour se recentrer sur l’essentiel.

« Dans ces moments, j’ai aussi eu la chance d’avoir de super-copines comme “Dilou” (Abdesselam) , les deux Manon (Lhou Moha et Hemmerlin) , Margaux (Cintrat) , mais aussi toutes les filles de l’équipe. Dans ces moments-là, c’est important d’avoir du soutien. »

« Je crois beaucoup au destin »

Lorsqu’elle était revenue en Alsace, à l’été 2014 pour rejoindre l’ATH, elle avait su apprécier une autre présence. Celle de Bernard Klein, précieux et très regretté dirigeant de l’ATH. « Il est décédé quelques jours après mon frère, il a été l’un des premiers à m’accueillir, c’était vraiment une belle personne. »

Après avoir parcouru le pays dans sa quête de haut niveau, de Besançon à Brest en passant par Celles-sur-Belle et Nantes.

Après avoir conquis un titre de championne de France de D1 en 2012 avec feu le Brest Arvor 29. Après avoir subi les soucis financiers bisontins et brestois – « Ces six années ont été remplies d’ascenseurs émotifs » —, Awa Diop avait donc choisi de revenir, elle qui avait débuté à l’ASPTT Strasbourg.

« J’étais un peu dégoûtée du hand quand Aurélien (Duraffourg, son entraîneur) m’a appelée. Je crois beaucoup au destin, comme je crois en Dieu. J’ai pris une feuille, j’ai posé le pour et le contre et j’ai vite choisi. »

Depuis, sous la houlette d’un coach rencontré à Besançon — « Je le connais en tant qu’entraîneur, en tant qu’homme, c’est une bonne personne et un bon technicien » —, Awa Diop a évolué.

« Il n’y a eu que du positif depuis. Je me suis rapprochée de ma famille, de mes amis, je profite de ma vie en dehors du hand. J’ai aussi pu acquérir une expérience professionnelle solide avec ma Licence Banque, en étant chargée de clientèle pendant quatre ans. »

« Me donner à fond pour n’avoir rien à regretter »

Mais, on l’a compris, Awa Diop a besoin de vivre les choses intensément. Alors, il y a quelques semaines, elle a pris une autre décision. Celle de s’installer avec le statut d’auto-entrepreneur comme courtier en prêt immobilier en lien avec l’agence Élite Crédit à Sarrebourg.

« À 27 ans, je suis plus proche de la fin que du début de ma carrière, mais toujours engagée dans différents projets avec l’ATH et le Sénégal. Cela me permet d’avoir cette liberté d’organiser mon emploi du temps, je peux travailler à distance. Il y a de très belles échéances à venir avec l’équipe nationale, j’ai envie de pouvoir me donner à fond pour n’avoir rien à regretter après. »

À l’ATH cette saison, elle a aussi retrouvé un niveau de jeu plus conforme en disputant les play-offs de Division 2.

« J’adore jouer des matches de gala face à de grosses équipes. C’est face à elles que l’on peut s’évaluer, chacune individuellement et le club aussi. C’est plaisant de retrouver ça. »

Samedi soir, lors du dernier match à domicile de la saison de l’ATH, face à Celles-sur-Belle, un candidat à la D1 et un de ses anciens clubs, Awa Diop trouvera à coup sûr un climat à sa mesure…

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