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Apr 10 2019

La capitaine de l’ATH compose chaque jour avec un emploi du temps particulièrement chargé. Plongée dans la vie de Manon Lhou Moha, handballeuse surtout pas professionnelle.

Manon Lhou Moha, heureuse partout. Photo L’Alsace – Jean-Marc LOOS

Manon Lhou Moha, heureuse partout. Photo L’Alsace – Jean-Marc LOOS

«J’ai du mal à me poser. À la maison c’est pareil, je ne peux pas faire une seule chose à la fois. Soit je cuisine en lisant un article, soit je regarde la télé en faisant ma “compta”. »

Le ton est posé, le rythme donné. Manon Lhou Moha, kinésithérapeute au centre-ville de Strasbourg, et handballeuse à Achenheim/Truchtersheim, ne pourrait pas vivre autrement.

« Je suis bien contente d’avoir autre chose que le hand dans mes journées, même si le rythme de mes semaines commence à peser sur le corps. » 

« Dans notre équilibre, on a besoin du sport »

Illustration par l’exemple. Le temps de prendre son souffle. « Je me lève à 6h15, j’arrive au cabinet à 7h15. J’ai une pause de 13 à 14h en général. À 18h, je prends mon vélo pour rejoindre ma voiture et filer à l’entraînement. Je rentre vers 20h30. Le mercredi, il n’y a pas entraînement, rigole-t-elle. Alors, j’en profite pour travailler plus tard. »

Ce qui est appréciable, quand on mène ce train, c’est de pouvoir le partager. Plusieurs de ses coéquipières vivent la même chose. Surtout, Manon Lhou Moha peut trouver du soutien sous son toit. Son compagnon, Corentin Lanau, faisant partie du Team Strasbourg de water-polo.

« Nous sommes sur le même rythme et c’est ce qui me sauve aussi. Il sait ce que c’est. Étant boucher, en reconversion professionnelle, il rentre parfois encore plus tard que moi. Dans notre équilibre, on a besoin du sport sinon nos journées paraîtraient vides. Il fait partie de nos vies depuis nos treize ans, on ne se pose pas de question. »

Néanmoins, à 28 ans, le poids des saisons accumulées commence malgré tout à se faire sentir.

« On arrive à un moment charnière. On aborde les choses différemment quand on a un métier, un appartement. On s’interroge parfois sur la répartition de notre temps. Pour le moment, on poursuit plusieurs projets en parallèle, mais après il faudra peut-être faire un choix. »

D’autant plus que Manon Lhou Moha est aussi impliquée auprès de la Fédération de tir, se déplace régulièrement pour suivre les athlètes en compétition. Elle sera par exemple à Sydney en octobre prochain.

« Le début d’un passage de flambeau »

« C’est intéressant de passer de l’autre côté. En étant kiné du sport, c’est ce à quoi tu aspires : t’occuper de sportifs de haut niveau. C’est une autre expérience, une autre approche, mais aussi une autre pression. »

L’autre grande affaire de Manon Lhou Moha, celle qui lui remplit ses soirées et ses week-ends, c’est donc le handball. Et c’est désormais au niveau de l’exigeante D2 que tout le groupe de l’ATH a réussi à s’élever.

« Notre début de saison était inespéré, mais on a quand même travaillé pour ça, rappelle l’ailière. Depuis le début des play-offs, on manque encore d’application et de rigueur. Il faut continuer notre bout de chemin, apprendre de chaque match, faire mieux que le précédent et ne pas perdre deux fois contre le même adversaire. »

« Il faut travailler sur ton comportement »

Manon Lhou Moha vient de fixer la feuille de route, même si rien n’est simple à ce stade des play-offs pour le promu bas-rhinois. « Il faut être à 100% dans l’engagement, tenter des choses comme ce kung-fu avec “Dilou” (Dalila Abdesselam) à Celles-sur-Belle, pour ne pas avoir de regrets à la fin. »

Souvent seule ces dernières saisons à son poste d’ailière droite, elle le partage depuis septembre avec Perrine Pratelli.

« C’est une gamine qui bosse et plutôt bien. J’arrive à un âge où c’est le début d’un passage de flambeau. Je ne m’appelle pas Laura Flippes, mais si je peux lui apporter quelque chose dans sa progression, je serai contente. C’est encore un autre rôle à jouer dans une équipe que je n’avais pas tenu jusque-là. »

D’un caractère exigeant, compétitrice à l’extrême, la capitaine de l’ATH envisage sa mission avec sérieux. Forcément.

« Sur le terrain, j’ai tendance à être dans ma bulle, à échanger en rigolant. Il faut travailler sur ton comportement, sur ce que tu dégages, cela doit être ouvert et serein pour les plus jeunes. Mais je n’aime pas l’échec et quand je rate quelque chose, j’estime que je n’ai rien à dire à personne. »

Après avoir lu ces lignes, vous aurez probablement une image un peu plus nette de la vie d’une sportive qui n’a pas voulu choisir entre ses différentes passions. Car ainsi va Manon Lhou Moha, jeune femme déterminée et heureuse à plein-temps.

ATH – Plan-de Cuques, samedi (19h30) à Truchtersheim.

Les manies de manon

« Le samedi, je fais mon ménage avant de faire une analyse vidéo, raconte Manon Lhou Moha. Je prépare mon repas, toujours le même menu : pâtes complètes, jambon, gruyère. Après les matches à domicile, on se retrouve pour boire une bière avec Aline (Varinot, ASPTT) et Marina (Correia, ATH II) et faire un “débrief” entre capitaines.

Quand on part en déplacement, on se retrouve avec “Dilou” (Abdesselam) , Margaux (Cintrat) et Manon (Hemmerlin) pour le petit-déjeuner avant de prendre le train. Je prépare un gâteau pour emporter, la dernière fois, il était aux amandes avec du Nutella au milieu. »

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