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Mar 13 2019

Achenheim/Truchtersheim disputera samedi soir son premier match des play-offs de Division 2 à domicile. Son arrière gauche, Émilie Pfaadt, aura le bonheur de croiser La Rochelle, un de ses anciens clubs.

Loin du port de La Rochelle, Émilie Pfaadt mène la barque de l’ATH avec envie.  photo L'Alsace – Jean-Marc LOOS

Loin du port de La Rochelle, Émilie Pfaadt mène la barque de l’ATH avec envie. photo L'Alsace – Jean-Marc LOOS

Le handball offre parfois de jolis clins d’œil. Façon la caméra explore le temps. Pour Émilie Pfaadt, 29 ans, responsable de secteur dans une agence de service à la personne, chez Solutia à Souffelweyersheim, la venue de La Rochelle à Truchtersheim est l’occasion de replonger dans son passé.

« Cette expérience m’a fait grandir »

Son parcours de jeune handballeuse l’avait menée dans différents clubs. Depuis ses premiers pas à Haguenau et à Betschdorf, son apprentissage sérieux au THCL, sa découverte de la Nationale 1 alors qu’Achenheim et Truchtersheim venaient de former leur entente.

Son talent et son sens du travail vont lui ouvrir les portes du centre de formation de Metz et l’idée de poursuivre sa route prend forme.

Elle choisira de mettre le cap à l’ouest, direction l’Atlantique et le club d’Aunis/La Rochelle/Perigny. On est en 2008.

« Ça fait loin, souffle-t-elle. J’avais dix-huit ans, j’étais jeune. C’était ma première expérience vraiment loin de la maison. À Metz, j’étais à côté, mes parents venaient me voir jouer. Je pouvais parfois rentrer le week-end.  Je tiens d’ailleurs à les remercier, c’est grâce à eux si j’ai pu voyager pour ma passion, ils m’ont toujours soutenue et poussée à réaliser mon rêve, je leur dois mon parcours. »

Mais cette fois, c’est une autre vie. Finis l’internat ou les familles d’accueil de Lorraine, Émilie Pfaadt s’est lancée dans un apprentissage accéléré.

« Je vivais seule dans un appartement, heureusement en colocation avec Célia Nunes qui a quitté Metz en même temps que moi. J’ai aussi retrouvé Maëlig Rête (une ancienne joueuse d’Achenheim) que j’avais croisée au Pôle. Cela avait un côté rassurant. Partir aussi loin, ce n’est jamais évident, surtout pour moi qui suis très attachée à ma famille. »

«On a toutes envie de voir jusqu’où on peut aller »

Au-delà du handball, c’est aussi la découverte d’une autre vie. « Le climat, le confort de vie, c’était super. Dans le bus en allant suivre mes cours de BTS, je passais devant le port. Au début, on se dit waouh, mais après on n’y prête plus attention, un peu comme la cathédrale ici. »

Au cours de ces trois saisons (une en D2, deux en N1), Émilie Pfaadt a beaucoup appris.

« La première année n’était pas facile à vivre, on enchaînait défaite sur défaite. J’ai aussi connu ma première blessure, deux mois sans jouer, ce n’est pas simple. »

Mais il y aura de belles rencontres, comme celle avec Lætitia Boyard – « une de mes meilleures amies » – et cette sensation d’être devenue un peu plus adulte. « J’étais responsable de moi-même, cette expérience m’a fait grandir. »

Revenue à Achenheim/Truchtersheim il y a deux ans (après six saisons passées à l’ASPTT Strasbourg), Émilie Pfaadt a retrouvé la Division 2 en septembre dernier. Comme un autre clin d’œil.

Et cette fois, tout se passe autrement que dix ans plus tôt. Au point que l’ATH s’est ouvert les portes des play-offs en terminant la première phase en position de leader.

« Ce n’est pas une place que l’on visait, mais maintenant qu’on l’a eue, je dirais qu’on la mérite. Parce qu’en y réfléchissant, il y a énormément de travail derrière. On est toutes investies à l’entraînement comme dans l’analyse vidéo. »

Celle qui partage le poste d’arrière gauche avec Mathilde Plotton – « elle est géniale, on s’entend super bien » – espère désormais poursuivre sur cette lancée.

« Il ne faut pas se dire que ça y est, l’objectif (le maintien) est atteint, même si on sera peut-être plus sereines, plus détendues », dit-elle, avant de préciser les choses.

« On a toutes envie de voir jusqu’où on peut aller en se mesurant aux meilleures. Nous sommes conscientes que nous ne pouvons pas monter, mais on aimerait déjà avoir de bons résultats à domicile. En tout cas, nous allons préparer les matches tout aussi sérieusement. »

Car Émilie Pfaadt – « je suis toujours aussi exigeante avec moi-même » – est à l’image de son équipe.

«  On a toutes une certaine maturité, même les plus jeunes, on sait toutes où on veut aller. Que ce soit les “pros” ou les autres, on est toutes aussi assidues, on se donne à fond. On est une équipe qui se bat, même s’il y a plus fort que nous, on donne tout. On savoure après une victoire et dès le lundi, on se remet au travail.  »

« On est toutes impliquées pour l’autre »

Dans la lumière du samedi soir, dans la fluidité des gestes, il serait en effet aisé de croire que tout est facile. Mais pour y parvenir, il y a les soirs sombres d’entraînement. La répétition des gammes. Pour faire oublier son statut de promu.

« Il y a beaucoup de travail, de rigueur et de respect derrière ces résultats. Les entraîneurs (Aurélien Duraffourg et Frédéric Fritschmann) y sont pour beaucoup et il y a une réelle osmose dans le groupe. La concurrence est là, mais elle est très saine, on est toutes impliquées pour l’autre. »

Émilie Pfaadt, malgré une fissure au tendon d’Achille survenue cet été, est en train de retrouver son sens du jeu, son goût pour le besogneux travail défensif. Et de s’offrir une autre saison en D2 bien plus aboutie.

Comme si le poids des ans avait parfois du bon…

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