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Affaire de style

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Oct 18 2018

Très loin de son Argentine natale, Luciana Mendoza s’est installée cet été du côté d’Achenheim/Truchtersheim pour y poursuivre son Grand Tour et apporter ses originales qualités de jeu à son nouveau club.

Luciana Mendoza : « Nous avons une très bonne équipe ».  PHOTO DNA – Ch.A.

Luciana Mendoza : « Nous avons une très bonne équipe ». PHOTO DNA – Ch.A.

      

« Luciana, c’est l’élégance. » Dalila Abdesselam, la meneuse de jeu de l’ATH, a d’emblée été conquise par le style de sa nouvelle coéquipière. Il faut dire que cette arrière droite gauchère venue de Buenos Aires offre un panel de jeu différent à son équipe. Grâce à ses partis pris souvent perturbants pour les défenses, à l’image de ses courses transversales pour y repérer les failles de son œil de lynx.

« Je suis étonnée que cela se passe aussi bien, raconte tranquillement Luciana Mendoza installée ce soir d’entraînement dans la tribune de Truchtersheim. J’ai mis très peu de temps à m’adapter à la façon de jouer de l’équipe. J’apprécie surtout la manière dont mes coéquipières m’ont accueillie. On ne parle pas encore la même langue, mais tout le monde fait des efforts pour essayer de me comprendre. Oui, je suis heureuse dans ce groupe. »

Pourtant, le handball lui était totalement inconnu dans son enfance, elle qui ne faisait que du roller pour se dépenser. Mais, depuis, elle s’est forgée une solide culture du jeu à travers la fréquentation des écoles allemandes en Argentine, d’abord, à travers ses voyages au Brésil et en Espagne, ensuite.

Mais tout a commencé à l’âge de neuf ans. « Mon premier contact avec le handball s’est fait à l’école, mais ensuite, une copine m’a proposé de venir la rejoindre au club de S.E.D.A.L.O et j’ai commencé comme ça. Pour moi, le plus important était alors de pouvoir jouer avec des amies. »

« Découvrir une autre façon de jouer »

Mais elle va aussi s’accrocher. Quand elle bénéficiera d’une bourse de la part du secrétariat des sports comme toutes les internationales, à partir de quinze ans, elle passera bien moins de temps à la maison autour de ses parents Alfredo et Cecilia, de ses grands frères Julian et Nicolas.

« Je devais traverser toute la ville pour aller m’entraîner. Je ne rentrais jamais avant 23h et le lendemain, il fallait être de retour à l’école à 8h. »

Luciana Mendoza a bien fait d’insister. Le handball va participer à lui construire un joli destin. À 23 ans, elle effectue son premier séjour à l’étranger, au Brésil à Blumenau, une cité fondée par des émigrants allemands au XIXe  siècle.

« Le niveau du championnat est un peu meilleur qu’en Argentine, un peu plus physique, mais les problèmes sont les mêmes, il n’y a pas beaucoup de moyens. En général, tu dois plutôt payer pour jouer que l’inverse. »

Mais dans le sillage du grand voisin dont l’équipe nationale féminine a progressé au point de devenir championne du monde en 2013, les Argentines vont grandir en fréquentant les clubs européens. « Moi aussi, depuis toute petite, je voulais venir jouer en Europe. »

Elle fera la grande traversée en 2016, direction l’Espagne. « Pour une première expérience si loin de la maison, j’ai préféré choisir un pays dont je parlais la langue. Mais les débuts ont été difficiles. Au Brésil, j’étais partie avec une amie, là j’étais toute seule. Heureusement, il y avait deux joueurs argentins dans le même club, c’était bien de pouvoir être ensemble. »

« J’aurais vécu des expériences enrichissantes »

Six mois se passent du côté de Leon, deux saisons dans la ville de A Guarda au club du Mecalia Atletico. « On a gagné le championnat la première année, fini deuxième lors de la seconde. » Elle y disputera la Coupe EHF et la Challenge Cup.

« J’ai beaucoup aimé cette expérience, mais j’avais envie de découvrir un nouveau pays, un championnat différent, une autre façon de jouer. »

Ce sera en France, en Alsace, à Achenheim/Truchtersheim. « Aurélien (Duraffourg, son entraîneur) m’avait envoyé des vidéos de matches, m’a parlé du projet du club, de ses ambitions, cela m’a donné envie de venir. J’aime déjà beaucoup Strasbourg et la façon tranquille de vivre ici. Je ne sais pas combien de temps je vais encore rester en Europe, mais j’aurais vécu des expériences enrichissantes et découvert plein d’endroits différents. »

À 28 ans désormais, Luciana Mendoza n’est pas encore rassasiée. Elle qui se voit bien entraîner une équipe plus tard en Argentine a encore soif de découvertes. Même loin de sa famille, qui « est tellement importante ». « Mes parents viendront me voir l’année prochaine. »

Avec sa nouvelle équipe, celle qui aime bien dessiner –  « cela me relaxe » – est en train de tracer les contours de futurs jolis souvenirs.

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